A la decouvert de la galaxie du Salafisme


Entreitien avec Samir Amghar chercheur en sociologie à l’EHESS à Paris, membre de l’Institut d’études de l’islam et des sociétés musulmanes (IISMM) et chercheur associé au Center for European Policy Studies (CEPS) à Bruxelles.


di Emanuele G. pubblicato il 27 décembre 2011

Les dernieres elections en Egypte nous ont fait decouvert le Salafisme. Une secte islamique qui est en train de devenir un fenomene important et relevant meme en Occident.

A ce suject on a eu un entretien avec Samir Amghar un des plus aigu observateur du Salafisme. Auteur du livre "Le Salafisme d’Aujourd’hui" que nous avons reviewé il-y-a quelque semaine.

Qu’est ce que le salafisme ?

Le salafisme est un mouvement que l’on pourrait qualifier de fondamentaliste. Il se revendique des Salaf Salih, les Pieux Ancêtres. Ces derniers désignent les trois générations qui ont connu le prophète de l’islam. Ils sont considérés par les théologiens comme ceux qui ont le mieux et compris l’islam. Le salafisme marque une volonté à l’islam des origines à partir d’une lecture littéraliste des versets coraniques et de la tradition prophétique. L’objectif est de rompre avec les superstitions et les croyances populaires.

Pourquoi le salafisme se développe en Occident ?

Plusieurs raisons à ce développement : l’implantation en Occident d’anciens diplômés des universités islamiques de l’Arabie Saoudite (La Mecque, Médine….) qui font de la prédication. Sous leur impulsion de nombreuses activités salafistes sont organisés : des conférences de théologiens saoudiens sont mises sur pied, des ouvrages de ces théologiens sont mis en vente, des sites internet en français, anglais ou italien présentant la doctrine salafiste sont créés. Deuxième raison : le déclin des formes classiques de l’islam militant, celui des Frères musulmans et celui du Tabligh. Troisième raison : le développement du salafisme correspond à une demande de normes très strictes. L’individualité, clé de voûte de nos sociétés modernes, est difficile à supporter. Devenir salafi, c’est faire supporter le poids de la vie par l’islam.

Pourquoi un jeune arabe décide de devenir salafiste ?

Le jeune décide de devenir salafi car il trouve dans le salafisme une dignité. Ils sont le sentiment d’appartenir à une élite. Ils apparaissent aux yeux des autres membres de la communauté musulmane comme des personnes sérieuses, fréquentables. Ils obtiennent le respect et deviennent de véritables notables.

Peut on dire que le développement du salafisme est une réaction de la mondialisation ?

Je pense que le développement du salafisme est une conséquence de la mondialisation. Le salafisme a connu une expansion importante via des flux transnationaux. Des gens qui partait à la Mecque au début du XVIIIeme siècle revenait dans leur pays d’origine avec cette doctrine religieuse en tête. Au XXIeme, c’est par les chaînes satellitaires que le salafisme s’exporte.

Profil du salafiste ?

Dans l’ensemble, les fidèles sont des adultes jeunes ou d’âge moyen. On compte plus d’hommes que de femmes. Généralement, ils ont poursuivi des études secondaires. On peut repérer deux groupes sociaux. Le premier groupe, qui constitue la majorité des salafis, est composé de personnes issues des classes populaires. Le second est composé de personnes issues des classes moyennes voire supérieures. Une minorité d’entre eux ont poursuivi des études supérieures, parfois allant même jusqu’au doctorat. Les autres appartiennent à la petite bourgeoisie commerçante (artisans, commerçants...). De plus en plus de jeunes appartenant au salafisme possèdent des sandwicheries hallal, des taxis-phones, des librairies islamiques, des magasins de vêtements. Certains font de l’import-export entre l’Europe et le Moyen-Orient, d’autres deviennent artisans taxi ou encore vendent des produits sur les marchés. Cette fibre pour les activités commerciales se fonde pour une raison essentielle : pour les épigones du salafisme, le Prophète, modèle par excellence, étant lui-même commerçant, il est bien vu de se lancer dans le négoce. Au-delà de ces caractéristiques sociologiques, ce qui est plus prégnant est la nature de la composition « ethnique » de la mouvance salafiste. À côté de personnes issues de familles de tradition musulmane venues en Occident pour des raisons économiques (Maghrébins, Indo-pakistanais, Machrékins...), une très forte proportion de salafis sont des convertis à l’islam, issus de familles de tradition catholique et protestante (quelques cas de juifs ou de bouddhistes sont à signaler).

Différences avec les Frères musulmans ?

Les salafistes accusent les Frères musulmans d’avoir intégré dans le patrimoine islamique des valeurs, comme la démocratie, étrangères à la religion musulmane...), accusés d’avoir perdu leur authenticité originelle, à force de compromis avec la société et d’alliances avec la puissance politique. Ils reprochent aux mouvements islamistes issus des Frères musulmans de vouloir établir l’État islamique par le haut (pour les prédicatifs), en usant des catégories politiques occidentales (pour les jihadistes), ou de vouloir rénover l’islam en fonction de la modernité occidentale (pour les politiques). Ainsi les salafistes, qu’ils soient jihadistes, politiques ou quiétistes, ont-ils en commun de considérer l’essentiel des concessions des Frères musulmans comme des altérations inacceptables de la référence coranique et de la tradition du Prophète.

Poids du salafisme dans les révolutions arabes ?

Le salafisme n’a pas été à l’origine des manifestations. Au contraire, une majorité de salafistes ont été très prudents. Ils ont appelé au calme et ont demandé aux manifestants de cesser leur activité. La crainte des salafistes voir s’embraser le pays et se développer ce qu’ils nomment la fitna (discorde). Voyant la popularité du mouvement, ils ont rejoint les manifestants et ont appelé aux changements. Ils ont fait preuve de pragmatisme. Ils ne voulaient pas perdre leur popularité acquise sur le terrain par des années de prédication. Les révolutions arabes il paraît difficile de penser que, dans le cadre d’une démocratie libérale, la salafiyya égyptienne ne soit pas tentée de convertir sa popularité, qui peut se vérifier au regard de l’audience considérable engendrée par ses chaînes satellites, en dividendes politiques.

Révolution religieuse et poids de l’islam dans ces révolutions ?

Face à l’opportunité historique de s’organiser en parti politique, les salafistes très critiques à l’égard de toute politisation de l’islam, se sont lancés dans des activités partisanes. Ils ont créé en Egypte, il y a quelques mois, le parti al-Nûr (la lumière) et ont obtenu un score important plus de 20% des suffrages. Plus orthodoxes et radicaux que les Frères musulmans, ils ont un programme politique très léger : appelant à la création d’un Etat islamique, ils veulent plus d’islam dans la société.

L’Europe devrait au plus vite commencer de serieux pour-parler avec la rive sud de la Mediterranée. Le but est celui de creer des synergies operatives parmi tous les acteurs de la region aux fins de mieux gerer les actuels dynamismes. Dynamismes plutos complexes j’oserai affimer. J’estime que cela serai une solution optimale pour un continent renfermé en soi meme et en quete d’une identité perdue.

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