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La gauche et le monde d’aujourd’hui

Entretien avec Arnaud Montebourg, deputé du Parti Socialiste Français, président du conseil général de Saône-et-Loire et candidat aux primaires du Psf pour les presidentielles de 2012.
par Emanuele G. - mardi 6 décembre 2011 - 3022 letture

Arnaud Montebourg fait partie de la nouvelle generation de la gauche europeenne. Une gauche mois ancrée aux ideologies traditionelles du siecle dernier. Il est beacoup plus interessé au monde d’aujourd’hui. C’est pour ce motif qu’il a ecrit "Votez pour la Demondialisation". Un livre où il cherche de nous presenter le pari qui attend nous tous au sujet de l’avenir. Sourtout pour une gauche qui a geré les dynamiques de la societé contemporaine ou dans l’impasse ou à la derive.

Il y a quelque jour Aranud Montebourg nous a accordé un entretien.

Pourquoi il faut voter pour la demondialisation ?

Parce que la démondialisation est un processus à la fois économique et politique qui vise à avantager d’une part le producteur et le créateur et d’autre part le citoyen. Rapprocher le lieu de production du lieu de consommation, rapprocher le lieu de décision du cadre démocratique et donc du citoyen : voilà l’enjeu. La démondialisation vise à remettre un peu de modération et d’équilibre dans un processus devenu fou : celui que l’on appelle mondialisation néolibérale ou globalisation financière. C’est un projet universaliste.

La chose drôle est que cette proposition soit avanceé par un homme de gauche…

Au contraire, il est logique que ce concept naisse dans des milieux progressistes. Moins de barbelés pour les hommes, plus de douaniers pour les capitaux et les marchandises, voilà la logique de la démondialisation qui est, avant tout, un projet humaniste. Il ne faut pas confondre l’internationalisme et le libre-échange. La démondialisation n’est d’ailleurs pas un repli mais une autre façon d’organiser les interdépendances entre les hommes en donnant le primat de l’humain sur la finance.

Vous ne trouvez pas que la gauche a accepté trop vite la mondialisation sans y trop réfléchir ?

Je le pense en effet. Cela a été vrai notamment lorsque l’on a accepté l’entrée de la Chine dans l’OMC sans aucune contrepartie. La mutation des équilibres économiques mondiaux a été majeure. La gauche européenne a pris le parti d’accompagner les mutations du capitalisme avec les conséquences que l’on sait. Voyez le sort du textile de la région de Firenze et voyez, plus au nord, les dégâts électoraux que représente le passage d’électeurs passés de la gauche à la Lega Nord…

La gauche a été ou de l’impasse ou de la derive. Une critique vraiment forte…

Le socialisme d’accompagnement ou le socialisme de l’adaptation, celui de la compassion ou de la soumission, mais aussi une forme de cynisme compassionnel sont à la source des maux dont souffrent les social-démocraties européennes : en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Royaume Uni ou en France. Je ne pense pas qu’il soit immérité de déconstruire le cheminement qui a provoqué cette situation…

Vous ne croyez pas que le déclin des idées socialistes en Europe constitue la base de la diffusion de la droite xenophobe ?

Il me semble que la gauche recule parce qu’elle a renoncé à porter un autre horizon. La social-démocratie a porté le projet européen en promettant à chaque fois pour l’étape ultérieure une Europe sociale. La droite xénophobe explique le monde de manière simpliste en désignant un « autre » responsable de tous les maux. Cet autre c’est l’étranger, le musulman ou même l

La gauche aujourd’hui est nostalgique ou stataliste ou inutile ou amie du capitalisme. Comment en sortir de cette piege ?

Il faut fixer un autre horizon, rouvrir le champ des possibles. Intellectuellement, nous voyons poindre le socialisme comme un horizon cohérent. Mais politiquement, c’est encore très difficile en Europe. Nous sommes loin du Brésil de Lula ou Dilma Roussef ! La gauche ne doit être ni nostalgique ni résignée. Son rapport avec l’Etat doit être guidé par l’idée qu’il faut un Etat qui soit l’outil de la volonté collective mais qu’il ne faut pas se laisser non plus enfermer par l’Etat. C’est le piège de toute alternance que de se laisser enfermer dans la logique antérieure…

C’est paradoxale et dramatique que un leader socialiste (l’allemand Schroder) ait pu faire voter une loi pour payer de gens 1 euro par heure !

Gehrard Schroder a suivi une ligne politique de recentrage du SPD. Il a suivi, avec ses partenaires Grünen, une politique de compression des coûts salariaux. Il a suivi une politique visant à accumuler des excédants parce que son pays vieillit. La politique allemande est liée à sa démographie vieillissante.

Il faut retourner à une Europe autarchique ?

Surtout pas ! La démondialisation n’a rien à voir avec l’autarcie. L’Europe est à l’origine un projet qui vise à désamorcer les nationalismes. Or, le projet d’intégration tel que nous le connaissons favorise l’émergence de mouvement de droite extrême comme la Lega Nord en Italie, le FPÖ en Autriche et tant d’autres… Nous devons réconcilier les Européens avec l’Europe.

Le territoire, les idées vertes, une nouvelle solidarité et le microcredit peuvent donner une secousse a un’Europe en pleine agonie ?

C’est probable mais ces idées doivent trouver une cohérence dans un projet global, cohérent, dans une ligne politique qui doit certes agglomérer les projets, les traditions et les idées de gauche mais aussi donner un horizon. Il y a, avec la démondialisation, un horizon cohérent : rapprocher le lieu de décision du citoyen et le lieu de décision du lieu de débat. Il y a aussi l’idée d’une mutation écologique de notre modèle de développement comme l’idée d’un capitalisme coopératif. La démondialisation permet d’imaginer des alternatives, un horizon autre…

L’Union Europeenne protagoniste de son declin ou simple victime ?

L’UE, par sa politique monétaire inepte, par un droit de la concurrence dépolitisé, par une politique commerciale naïve est un acteur de ses propres difficultés. Il ne faut pas s’en prendre aux autres, il faut d’abord regarder les erreurs des Européens. Elles sont nombreuses depuis l’Acte Unique jusqu’au traité de Lisbonne, pour lequel je n’ai pas voté.

Que pensez-vous du terme “societé civile” ? Je trouve que ce terme a caché les faiblesses de la societé contemporaine.

Dans le sens commun, la société civile évoque des personnalités non engagées dans la vie partisane mais porteuses de compétences. Je mets en garde contre une vision dépolitisante de la société, une vision qui ferait de l’expertise la source de légitimité en dernier ressort. Je crois au citoyen, à la chose publique, à la politique, à la République. Monsieur Monti est sans doute un brillant universitaire, il a été un haut-fonctionnaire de la Commission européenne, mais il n’a pas été élu.

En conclusion, il faut etre optimiste, realiste ou pessimiste ?

Dois-je invoquer l’optimisme de la volonté ?

Merci Arnaud Montebourg pour avoir partagé avec nous des propositions fort suggestives pour l’avenir. Un avenir qui doit partir par une nouvelle solidarieté entre tous les citoyens d’Europe.

Pour toute information sur Arnaud Montebourg voici le lien a son site officiel : http://www.arnaudmontebourg.fr.


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