L’Union européenne a adopté mardi 19 août les mesures immédiates suivantes :
1. renforcement des effectifs en Géorgie du bureau du Représentant spécial de l’Union européenne ;
2. contribution européenne coordonnée au renforcement de la mission de l’OSCE, approuvé hier à Vienne.
Le renforcement de l’équipe de soutien à la surveillance des frontières devrait intervenir rapidement.
Par ailleurs, plusieurs réunions de concertation entre la présidence française et les services du secrétariat général du Conseil, auxquelles la Commission était associée, se sont tenues pour définir les options possibles d’une mission européenne d’observation dans le cadre de la PESD, s’articulant efficacement avec celles des autres organisations internationales actuellement présentes en Géorgie.
A l’OSCE, la décision a été prise hier à Vienne d’envoyer immédiatement 20 observateurs supplémentaires. C’ est un premier pas positif. Nous rendons hommage à la présidence finlandaise, avec laquelle nous travaillons très étroitement depuis les premières heures de la crise. M. Alexander Stubb se rendra dès demain à Tbilissi avec un premier groupe de ces nouveaux observateurs parmi lesquels il y aura des Français.
Ces observateurs rejoindront ceux déjà présents sur le terrain. Ils seront déployés dans les zones adjacentes à l’Ossétie du sud. Nous souhaitons que ces observateurs puissent également se déployer rapidement en Ossétie du sud.
La France reste favorable à un accroissement de ce premier renfort et soutient les efforts de la présidence finlandaise à cette fin.
A l’OTAN, les ministres des Affaires étrangères ont décidé le 19 août de plusieurs mesures afin d’aider à la reconstruction de la Géorgie. Ces mesures visent essentiellement à aider à l’évaluation des dommages aux infrastructures critiques civiles et aux forces armées géorgiennes et à conseiller les autorités géorgiennes sur les mesures de rétablissement nécessaires.
Les ministres ont également demandé au Conseil de l’Atlantique Nord de définir les modalités de mise en place d’une Commission OTAN-Géorgie pour superviser les activités de coopération avec ce pays, en particulier la mise en œuvre de ces mesures.
Les ministres ont rappelé leur soutien à l’accord signé par la Géorgie et la Russie et ont appelé à sa mise en œuvre immédiate et complète. Ils ont souligné que ce conflit aurait des incidences sur les relations OTAN-Russie.
A l’ONU, la France a présenté au Conseil de sécurité, hier après-midi, un nouveau projet de résolution qui, à l’appui de l’accord en six points, se concentre, compte tenu de l’urgence sur le terrain, sur deux objectifs prioritaires : le respect du cessez-le-feu, auquel les parties se sont engagées, et la mise en oeuvre immédiate du retrait, agréé, des forces russes et géorgiennes. Un premier échange de vues a eu lieu sur ce texte qui rappelle également la nécessité du respect des résolutions antérieures. Les négociations vont se poursuivre dans les prochains jours.
M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, a présidé à Bruxelles le mercredi 13 août 2008 un Conseil Affaires générales - Relations extérieures extraordinaire consacré à la situation en Géorgie.
Ce Conseil a permis à l’Union européenne d’endosser l’accord en six points obtenu à Moscou et Tbilissi :
1. non recours à la force
2. cessation des hostilités de façon définitive
3. libre accès de l’aide humanitaire
4. retrait des forces militaires géorgiennes dans leur lieu habituel de cantonnement
5. retrait des forces militaires russes sur les lignes qu’elles occupaient avant le déclenchement des hostilités. Dans l’attente d’un mécanisme international, les forces de paix russes mettent en oeuvre des mesures additionnelles de sécurité
6. ouverture de discussions internationales sur les modalités de sécurité et de stabilité en Abkhazie et en Ossétie du Sud.
La priorité de la France en tant que présidence du Conseil de l’Union européenne va à l’application de toutes les dispositions de cet accord et en particulier le retrait des troupes et l’accès des organisations humanitaires à toutes les victimes du conflit.
Lire l’interview de M. Bernard Kouchner à "RMC" sur la situation en Georgie ((Paris, 21 août 2008)
"Il n’y aura pas de problème si, comme je l’espère fortement et comme cela a été promis, les troupes russes se retirent ou si elles sont retirées pour une large part demain - ce qui correspond à la date limite proposée par le président Medvedev au président Sarkozy. Nous envisagerons alors, mais pas tous, pas la France, l’Union européenne certes, mais les Nations unies, le problème politique - qui se posera peut-être - de ce que vous avez appelé l’indépendance de l’Ossétie et de l’Abkhazie."
Pour en savoir plus
Déplacement de M. Jean-Pierre Jouyet au Parlement européen (21 août 2008)
Conférence de presse de Bernard Kouchner : la France se mobilise sur la mise en oeuvre du suivi de l’accord de cessez-le-feu (18 août 2008)
L’aide de la France aux populations victimes du conflit en Géorgie se poursuit (19 août 2008)
Vers le renforcement de la présence de l’UE en Géorgie (19 août 2008)
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