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L’autre guerre, la guerre économique


Entretien avec Ali Laidi sur un argument depuis toujours strategique pour l’histoire de l’humanitè: la violence des rapports économiques
lunedì 18 settembre 2017 , Inviato da Emanuele G. - 1518 letture

La guerre économique est une vieille histoire. Elle est à l’économie ce que la science de la guerre est à la politique : un affrontement pour capter les ressources. Dès la préhistoire, les hommes s’affrontent pour conquérir les meilleurs territoires de chasse et de cueillette, tandis que Phéniciens, Egyptiens, Romains et Chinois de l’Antiquité sécurisent leurs routes commerciales pour éliminer la concurrence.

Au Moyen Age, les marchands allemands regroupés au sein de la Hanse mènent des guerres, déclenchent des blocus économiques, le tout au nom de la défense de leurs intérêts commerciaux. Avec les grandes découvertes, les Etats prennent les rênes : Portugais, Espagnols, Hollandais, Anglais et Français se livrent de terribles batailles pour s’emparer des épices des nouveaux mondes.

Lors du premier conflit mondial, détruire le potentiel commercial de l’adversaire est un des buts de guerre affichés, tandis qu’aujourd’hui les multinationales affrontent l’hyperconcurrence avec leurs propres armes, lesquelles n’ont souvent rien à envier à celles des services de renseignements et de sécurité des Etats.

Cette première synthèse sur la guerre économique démontre l’enracinement des conflits de ce type dans l’histoire. On comprend, à sa lecture, pourquoi le mythe libéral du « doux commerce » a toujours nié cette évidence : la politique n’a pas le monopole de la violence. Elle le partage avec l’économie.

Qui est l’auteur avec lequel on va avoir l’éntretien?

Chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), docteur en science politique, Ali Laïdi est l’auteur de nombreux ouvrages de référence dans ce domaine : Les Secrets de la guerre économique ; Les Etats en guerre économique (Prix Turgot IES 2010) ou Aux sources de la guerre économique. Il anime également une chronique à France 24 sur l’intelligence économique.

Quelles sont les raisons qui vous ont mené à écrire un livre sur l’histoire mondiale de la guerre économique?

"Tout simplement parce que ce genre de livre n’existait pas. Aussi curieux que cela puisse paraître, aucun historien ne s’est penché sur cette question. J’ai donc décidé d’écrire ce livre pour montrer que le concept de guerre économique, si rejeté par le monde académique, est une réalité qui plonge ses racines dans l’Histoire la plus ancienne."

Beaucoup de gens croient que la guerre économique soit un aspect récent de l’histoire de l’homme tandis qu’elle nait avec l’apparaitre de l’homme sur la terre...

"C’est ce que je montre dans cet ouvrage qui trace l’histoire de la guerre économique depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. La guerre économique est aussi vieille que l’homme. Elle est même née avant lui. Les spécialistes estiment que le conflit entre deux groupes apparaît à partir des Primates humains et non-humains. Mais, c’est Charles Darwin et sa théorie sur la « lutte pour la vie » qui a montré que la compétition pour les ressources était au cœur de l’histoire humaine. La compétition et l’agressivité qui s’en dégage, s’exerce lors de l’accaparation des ressources telles que la nourriture, les partenaires sexuels et bien sûr les territoires.

Dans l’Antiquité, l’ancien Testament nous conte deux exemples édifiants de guerre économique où le terme d’espionnage économique apparaît clairement. Dans le premier exemple, Joseph, conseiller du Pharaon accuse ses frères d’espionner l’Egypte parce que le pays échappe alors à la famine. Dans l’autre exemple, c’est Yahvé lui-même qui ordonne à Moïse d’envoyer douze hommes des tribus d’Israël en reconnaissance au pays de Canaan afin de préparer l’invasion. Voici comment, dans la Bible, Moïse leur présente leur mission : « Voyez ce qu’est le pays ; ce qu’est le peuple qui l’habite, fort ou faible, clairsemé ou nombreux ; ce qu’est le pays où ils habitent, bon ou mauvais ; ce que sont les villes où il habite, camps ou villes fortifiées ; ce qu’est le pays, fertile ou pauvre, boisé ou non. Ayez bon courage. Prenez les produits du pays. »

La mission d’espionnage dure quarante jours. Elle permet aux douze espions de ramener les produits d’un pays merveilleux aux ressources naturelles délicieuses où coule le lait le plus pur et le miel le plus goûteux. Mais aussi, rapportent les douze espions, un pays gardé par des places fortes et des hommes de grandes tailles prêts à défendre leur territoire.Dans mon livre, je cite également de nombreux exemples de guerre économique puisés dans l’Egypte des Pharaons, dans la puissance commerciale des Phéniciens, dans la Rome antique, dans le moyen âge français, dans cités-Etats italiennes… Bref, préhistoire, Antiquité, Moyen-âge, Renaissance…la guerre economique a toujours accompagné le développement des sociétés humaines. Pourtant, elle n’apparaît jamais en tant que telle dans la littérature de ces différentes époques…ni plus tard d’ailleurs. Il faut en effet attendre le vingtième siècle finissant pour que le concept fasse surface."

La guerre économique est une modalité à travers laquelle l’homme obtient les moyens pour vivre...c’est tout simplement ca?

"Pour ma part, je définis la guerre économique comme la stratégie et le comportement économiques agressifs, essentiellement en temps de paix, d’une entreprise, d’un Etat, d’une ONG ou de tout groupement humain pour atteindre un objectif : conquérir ou protéger des parts de marché. Il y a guerre économique lorsqu’un de ces acteurs use de moyens déloyaux ou illégaux pour atteindre son objectif. De l’industrie à la finance, la guerre économique n’épargne aucun secteur aujourd’hui…mondialisation oblige. Au niveau des Etats, la guerre économique est le vecteur de la puissance en temps de paix."

Depuis les territoires de chasse et de cueillette la guerre économique a affiné ses instruments...

"Le plus fort est celui qui possède et maîtrise les moyens de sa reproduction : ressources matériels et humaines. Dès la naissance des premiers hommes, la guerre économique, c’est à dire, la lutte pour se nourrir et nourrir les siens, devient la priorité. Une priorité toujours aussi prégnante lors de la Grande Transition, ce moment situé entre 10 000 et 4 000 ans avant JC où les hommes vont baser leur survie sur l’exploitation des animaux et des plantes afin d’assurer leur nourriture.

La Grande Transition est aussi le moment où l’homme va établir les premiers villages, construire les premières structures sociales au sein du groupe, établir de nouvelles croyances et inventer de nouvelles technologies (en utilisant le feu pour transformer des matières premières)…Bref c’est le moment de l’histoire où l’homme pose les bases de nos sociétés actuelles. D’abord collectivistes, les hommes de l’âge de pierre, se regroupent dans des tribus au sein de villages. La terre appartient aux membres de la communauté, mais c’est aussi le cas des maisons et des tombes qui sont communes.

Puis, la découverte du métal va changer la donne. Avec lui, apparaît aussi la propriété privée. Les archéologues estiment que l’individualisme est né en Europe avec les peuples de la hache d’arme et ceux du vase campaniforme dans les premiers siècles du IIIème millénaire avant Jésus-Christ. Dans les sociétés primitives, économie, religion et relations sociales ne font qu’un. Il est évident alors, que les changements économiques apportés par la propriété privée vont bouleverser l’ensemble de ces sociétés. D’autant que dès l’âge de Bronze, existent des relations économiques entre les villages.

Certes, la plupart du temps, les routes commerciales sont courtes. Il s’agit de transporter d’un village à un autre une matière première ou un produit fini par la main du forgeron par exemple. Mais certaines routes commerciales peuvent être plus longues. Une matière première comme l’ambre, extraite et travaillée en Grande-Bretagne était transportée jusqu’en Grèce. En général, les relations commerciales étaient particulièrement développées dans tout le bassin méditerranéen. C’est dire que l’économie apparaît déjà à l’époque comme une composante non négligeable de ces sociétés qui restaient particulièrement guerrières."

Avec l’apparition des premiers Etats, la guerre économique devient un choix stratégique essentiel pour les mêmes, pourquoi?

"Pour la médiéviste, Aude Cirier, les banquiers et les marchands de l’époque médiéviste italienne ont de grandes oreilles. « Les marchands et les banquiers sont eux-mêmes des espions. Ils ont recours aussi à des informateurs car ce sont des gens très puissants. Il y a, à l’époque de l’Italie médiéviste, une véritable dimension d’espionnage économique et commerciale à cause notamment de la rivalité entre les grandes puissances portuaires, Gènes, Pise, Venise... ». Pour Aude Cirier, ce sont les cités-Etats italiens qui ont modernisé les techniques de recherche d’information issues de l’antiquité romaine.

A l’époque, circulent les traités sur la guerre de Frontin (Stratagèmes, 1er siècle ap-JC), de Végèce (Epitomia rei militaris, IVème-Vème siècle ap-JC) où les auteurs enseignent comment remporter un affrontement grâce à l’information. Aux textes classiques, vont s’ajouter les premiers traités sur la diplomatie qui en fondent les bases. Une dizaine de textes entre 1436 et 1548 formeront les fondements de la diplomatie européenne moderne. Certes l’ambassadeur n’est pas un espion mais Aude Cirier a raison de préciser qu’ « il agit souvent comme un informateur officieux » dont certaines cités-Etats se méfient au point d’interdire à leur citoyen d’entrer en contact avec lui. Alors confusion entre diplomatie et renseignement ? Des siècles avant les câbles diplomatiques américains qui révèlent le rôle d’informateur des diplomates américains, certains seigneurs exigent au XIVème siècle que leur administration les tienne continuellement informés sur les passages des marchands et autres voyageurs dans les points stratégiques tels que les frontières et les ports. Une information que les officiers vont obtenir en interrogeant les étrangers sur les raisons de leur venue dans leurs pays.

Les marchands seront particulièrement suspectés d’espionnage ou seront au contraire considérés comme de bonnes sources d’information. Nulle surprise alors de constater que la fonction (pour ne pas dire le métier) d’espion apparaît déjà dans l’Italie médiévale. Les textes juridiques mais également les écrits d’un Brunetto Latini ou d’un Jean de Viterbe dessinent ainsi le portrait d’un espion professionnel : discret, curieux, attentif, polyglotte, cultivé….Mais ces mêmes textes préviennent le lecteur : l’espion peut aussi endosser les habits de l’agent double. Il est alors partout : un étudiant, un troubadour, un marchand, un banquier, un peintre, et même un homme d’église…Aude Cirier rappelle qu’entre 1256 et 1269, le franciscain frère Grégoire installé à Pérouse était chargé de surveiller les seigneurs de la cité pour le compte des Siennois qui craignaient une alliance entre eux et les Florentins. Des Siennois particulièrement entreprenants qui versaient également un salaire au moine Arnolfino d’Isola afin qu’il puisse semer le désordre et la zizanie dans les rangs des Florentins.

Les priorités de l’époque sont à l’espionnage diplomatique et militaire mais le renseignement politique et commercial est aussi une priorité pour les princes soucieux de préserver les intérêts économiques de leur cité.Dès le milieu du XIIIème siècle, tout est consigné par, ce qu’on n’appelle pas encore des services de renseignement, mais des « Offices des lettres des envoyés et des espions » qui publient la liste des espions, le relevé de leurs salaires et de leurs remboursements de frais. On trouve également dans les archives de l’époque des comptes-rendus de mission codés par des espions formés aux premières méthodes de cryptologie. « On va remplacer des lettres par d’autres lettres. On enverra un code afin que des missives soient décodées. On va même trouver des expressions pour remplacer une autre expression. Par exemple, le terme citron servira à désigner l’infanterie, ou le mot livre signifiera en fait l’infanterie. »

Les Italiens de l’époque médiévale ont retenu la leçon de leurs ancêtres et repris à leur compte leurs techniques d’espionnage tout en les améliorant. Le système est rôdé car il a su s’appuyer sur les textes des anciens . De plus, les solides rivalités entre les cité-Etats vont pousser les espions à rechercher des informations aussi bien politiques que commerciales afin d’assurer la puissance économique de la cité pour laquelle ils œuvrent. La bataille économique entre les Cités-Etats va donner en quelque sorte ses lettres de noblesse au renseignement économique."

Le concept de guerre économique est-il univoque ou il-y-a différents types de guerre économique?

"Il n’est pas univoque, il existe autant de façons de mener cette guerre économique que d’Etats, d’entreprises et même d’individus qui veulent remporter des marchés sans respecter les règles de la concurrence. La guerre économique, lorsqu’elle est menée par un Etats ou ses champions économiques, est également très liée à la culture du pays, à son histoire et à ses référents sociaux. Certains guerriers économiques sont plus agressifs, d’autres plus subtils dans leurs stratégies et tactiques."

Une innovation des temps modernes est que la guerre économique est menée par des sujets qui ne sont pas des Etats...

"En fait, ce n’est pas une innovation. Dès le Moyen-âge, les marchands de la Hanse se regroupent pour imposer leurs privilèges aux autres cités d’Europe. Ils sont capables de mener des blocus économique et même des guerres pour obliger les souverains à respecter leurs règles commerciales. Ils vont même jusqu’à choisir certains successeurs sur le trône de royauté scandinaves. Idem pour les Compagnies des Indes anglaise et hollandaise, véritable multinationales qui ont les mêmes prérogatives que les Etats qui leur concèdent une charte commerciale. En Asie, ces deux compagnies ont le droit de signer des traités, d’occuper des territoires, de faire la guerre, de battre monnaie, de rendre justice…Ce n’est qu’au début du XIXème siècle que la couronne d’Angleterre reprend la main sur l’administration des territoires de l’East India Company."

Quel est le role de internet et de l’intelligence dans la guerre conomique moderne?

"Internet joue le rôle d’un agent multiplicateur. Il permet d’aller plus vite et de toucher plus de cibles en même temps. Il est une arme redoutable dans la guerre de l’information. Soit pour récupérer de l’information en sources ouvertes comme en sources fermées, soit pour détruire l’image d’un concurrent, soit encore pour s’attaquer à son infrastructure informatique."

Pour vous la guerre économique est plus rentable pour un Etat par rapport à la guerre classique?

"En effet, à quoi bon mener une guerre classique qui coute très cher en ressources humaines et financières alors qu’il suffit de bien manier les techniques de soft power pour faire un sorte qu’un pays tombe sous votre coupe économique. Mieux vaut un pays sous votre influence qui consomme les produits fabriqués par vos entreprises qu’un pays ruiné et une population qui vous est totalement hostile. La guerre économique permet la puissance sans les dégâts de la guerre classique."

Dans les dernières années l’économie a pris le devant par rapport a la politique...quelle est votre opinion a ce regard?

"Je ne crois pas à cette séparation entre politique et économie. L’économie est l’un des moyens au service de la politique pour transformer une société. Lisez les textes des pères fondateurs du néolibéralisme comme Mises, Hayek ou Friedman…Ce ne sont pas des économistes dont les théories reposent sur les mathématiques mais sur une vision de la société entièrement conduite par le marché. Un marché qui n’est pas une donnée naturelle pour les ordo-libéraux allemands mais un cadre que la politique doit imposer et surveiller."

C’est un peu étrange savoir que derrière à l’amélioration d’un produit chocolatier il-y-a une véritable guerre économique...

"Rien, aucun produit n’est épargné par la compétition économique. J’ai travaillé sur la manière dont les Italiens voulaient protéger la recette du Tiramisu afin d’en faire un produit protégé au niveau européen. Le but est de faire en sorte que seule l’Italie et même la région d’origine du Tiramisu puisse exploiter cette recette afin d’en tirer un bénéfice économique pour la région."

Alors il faut s’attendre que la guerre économique n’aura jamais fin puisque elle est ancrée dans notre code génétique...

"Je ne lis pas dans l’avenir. En revanche, l’Histoire nous permet de penser les grandes tendances de la guerre économique depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui. Une chose est sûre : dans notre société digitale, les armes de la guerre économique s’affinent et dans ce monde qui s’ouvre l’Occident n’a plus le monopole du commerce et de l’industrie. Le gâteau est le même car notre terre est limitée mais il va falloir apprendre à le partager plus équitablement."

- On a déjà publié sur l’auteur (cliquez sur le lien qui vous interesse):

1) Interview publiée le 7 Octobre 2015

2) Article sur le livre "Histoire de la Guerre Economique"

- Photo:

La photo a été prise du site du IRIS


TRADUZIONE IN ITALIANO

TITOLO: L’altra guerra, la guerra economica

DESCRIZIONE RAPIDA: Intervista con Ali Laidi su un argomento da sempre strategico per la storia dell’umanità : la violenza nei rapporti economici

TESTO: La guerra economica è una vecchia storia. Sta all’economia come la scienza della guerra sta alla politica: uno scontro per appropriarsi delle risorse. Fin dalla preistoria, gli uomini si scontrano per impadronirsi dei migliori terreni di caccia e di quelli destinati all’agricoltura. Nel mentre i Fenici, gli Egiziani, i Romani e i Cinesi nel corso dell’antichità mettono in sicurezza le loro rotte commerciali per eliminare la concorrenza.

Durante il Medio Evo, i commercianti tedeschi riunitisi nella lega anseatica dichiarano guerra, decidono dei blocchi economici, il tutto in nome della difesa dei loro interessi commerciali. Con le grandi scoperte, gli stati prendono le redini dell’iniziativa: Portogallo, Spgna, Olanda, Inghilettera e Francia si guerreggiano in maniera fin troppo brutale per conquistare il ricchissimo commercio delle spezie del Nuovo Mondo.

Nel corso della prima guerra mondiale, distruggere il potenziale commerciale dell’avversario è uno degli scopi bellici più importanti, mentre oggi le multinazionali si affrontano in un quadro di iper-concorrenza con le loro armi. Armi che non hanno nulla a invidiare a quelle dei servizi segreti e di sicurezza dello stato.

Questa prima sintesi in riferimento alla guerra economica dimostra il radicamento dei conflitti di questo tipo nella storia. Comprendiamo, quindi, dopo attenta analisi, perché il mito del “dolce commercio” abbia sempre negato questa verità evidente: la politica non ha il monopolio della violenza. Lo condivide, semmai, con l’economia.

Chi è l’autore che stiamo per intervistare?

Ricercatore presso l’Istituto delle relazioni internazionali e strategiche (IRIS), dottore in schienze politiche, Ali Laidi è autore di numerosi saggi fondamentali in questo dominio: “I segreti della guerra economica”, “Gli Stati nella guerra economica” (Premio Turgot IES 2010) o “Alle fonti della guerra economica”. Conduce, inoltre, un programma su France24 dedicata all’intelligenza economica.

Quali le ragioni che l’hanno spinto a scrivere un libro sulla storia mondiale della guerra economica?

“Semplicemente perché questo genere di libro non esisteva. Sembra strano, ma nessun storico si è mai interessato a tale argomento. Ho dunque deciso di scrivere questo libro per mostrare che il concetto di guerra economica, così inviso nel mondo accademico, è una realtà che affonda le radici nella storia più recondita del genere umano.”

Molta gente crede che la guerra economica sia un aspetto recente della storia dell’uomo, mentre essa nasce con l’apparire sulla terra proprio dell’uomo…

“E quello che dimostro nel mio saggio che traccia la storia della guerra economica dalla preistoria fino ai nostri giorni. La guerra economica, ammettiamolo, è vecchia quanto l’uomo. Anzi è nata prima di lui. Gli specialisti stimano che il conflitto fra due gruppi diversi appare per la prima volta nei primati umani e non-umani. Ma, è Charles Darwin e la sua teoria sulla lotta per la vita che ci mostra che la competizione per le risorse vitali era il cuore della storia umana. La competizione e l’aggressività che da essa trae origine, si esercita allorquando avviene la corsa all’accaparramento delle risorse come il mangiare, i partner sessuali e naturalmente i territori.

Nell’antichità, ad esempio l’Antico Testamento ci offre due esempi edificanti di guerra economica dove appare evidente il fattore dello spionaggio economico. Nle primo esempio, Giuseppe, consigliere del Faraone, accusa i suoi fratelli di spiare l’Egitto perché il paese stava attraversando un periodo di fame. Nell’altro esempio, è lo stesso Jahvé che comanda a Mosé di spedire dodici uomini appartenenti alle tribù di Israele in ricognizione nel paese di Canaan al fine di preparare l’invasione. Ecco come, nella Bibbia, Mosé gli presenta la missione: “Dovete osservare il paese, il popolo che lo abita, forte o debole, con poche persone o con molte persone, la qualità del paese che abitano, buono o malvagio, le loro città dove abitano, campi o città fortificate, se il paese è fertile o povero, provvisto di foresto o meno. Abbiate un bel coraggio. Prendete i prodotti di quel paese”.

La missione di spionaggio dura quaranta giorni. Essa permette alle dodici spie di portare i prodotti di un paese meraviglioso dalle risorse naturali abbondanti dove si produce il latte più puro e il miele più dolce. Ma anche, riferiscono le dodici spie, un paese sorvegliato da piazzeforti ù e da uomini possenti pronti a difendere il loro territorio. Nel mio libro, cito egualmente dei numerosi esempi di guerra economica presso l’Egitto dei Faraoni, nella possente – dal punto di vista economica – Fenicia, nella Roma antica, nel Medio Evo francese, nelle città stato italiane… In breve, preistoria, tempi antichi, Medio Evo, Rinascimento…la guerra economica a sempre accompagnato lo sviluppo delle società umane. Eppure, non apapre mai in quanto guerra economica nella letteratura di queste differenti epoche storiche…nanche più tardi d’altronde. Bisogna, in effetti, attendere la fine del ventesimo secolo affinché il concetto faccia breccia nel dibattito storico.”

La guerra economica è una modalità mediante la quale l’uomo ottiene i mezzi per vivere…tutto qui?

“Dal mio punto di vista, definisco la guerra economica come la strategia e il comportamento aggressivo dal punto di vista economico che, principalmente in periodo di pace, un’impresa, uno stato, una ONG o un gruppo umano di qualsiasi tipo mettono in opera per ottenere un obiettivo ben preciso: conquistare o proteggere settori del mercato. C’è guerra economica allorquando uno degli attori usa dei mezzi sleali e illegali per ottenere u risultato. Dall’industria alla finanza, la guerra economica non risparmia nessun settore…la globalizzazione obbliga in questo senso. A livello di stati, la guerra economica è il vettore della potenza geopolitica in tempo di pace.”

A partire dei territori di caccia e quelli destinati all’agricoltura, la guerra economica ha affinato i suoi strumenti…

“Il più forte è quello che possiede e plasma i mezzi della sua riproduzione: risorse materiale e umane. Fin dalla nascita dei primi uomini, la guerra economica, ossia la lotta per nutrirsi e nutrie i propri simili, diventa una priorità. Una priorità sempre molto presente in occasione della Grande Transizione, questo momento situato fra il 10.000 e il 4.000 avanti Cristo in cui gli uomini stanno per basare la loro sopravvivenza sull’uso degli animali e delle piante per assicurarsi gli alimenti.

La Grande Transizione è anche il momento in cui l’uomo comincia a costruire i primi villaggi, a strutturare il proprio ambito sociale in senso al gruppo, stabilire nuove credenze e inventare delle nuove tecnologie (utilizzando il fuoco per trasformare le materie prime)… In breve è il momento della storia in cui l’uomo pone le basi delle nostre attuali società. Agli inizi collettivisti, gli uomini dell’età della pietra, si raggruppano in tribù all’interno dei villaggi. La terra appartiene ai membri della comunità, ma ci sono anche case e tombe in comune.

In seguito, la scoperta dei metalli cambia le cose. Con questi materiali, appre anche la proprietà privata. Gli archeologi stimano che l’individualismo è nato in Europa grazie ai popoli dell’accetta da guerra e dei vasi a forma di campana nei primi secoli del terzo millennio prima di Cristo. Nelle società primitive, economia, religione e relationi sociali sono la stessa cosa. E’ evidente allora che i cambiamenti economici apportati dalla proprietà privata stanno per stravolgere l’insieme di queste società. Anche perché l’Età del Bronzo ha svelato che sistevano delle relazioni economiche fra i villaggi di allora.

D’accordo, nella maggior parte dei casi, le rotte commerciali sono corte. Si tratta di trasportare da un villaggio all’altro una materia prima o un prodotto finito di un maniscalco ad esempio. Ma alcune rotte commerciali possono essere più lunghe. Una materia prima come l’ambra, estratta e lavorata in Inghilterra era trasportata fino in Grecia. In generale, le relazioni commerciali erano particolarmente sviluppate in tutto il bacino del Mediterraneo. Questo per rimarcare il fatto che l’economia appare già come una componente non di poco conto di queste società guerriere.”

Con l’apparizione dei primi stati, la guerra economica diventa una scelta strategica essenziale per i medesimi, come mai?

“Per il medievalista, Aude Cirier, i banchieri e i mercanti del periodo medievale in Italia hanno delle grandi orecchie. “I mercanti e i banchieri sono loro stessi delle spie. Fanno ricorso anche a degli informatori poiché sono persone molto potenti. Esiste, in quel particolare periodo dell’Italia medievale, una vera dimensione dello spionaggio economico e commerciale a causa notoriamente della rivalità fra le grandi potenze marinare, Genova, Pisa, Venezia”. Per Aude Cirier, sono le città stato italiane che hanno modernizzato le tecniche di di ricerca delle informazioni in continuità con l’antica civiltà romana.

All’epoca, circolano i trattati sulla guerra di Frontino (“Stratagemmi”, primo secolo dopo Cristo), di Vegice (“Epitomia rei Militaris”, quarto o quinto secolo dopo Cristo) dove gli autori insegnano come vincere grazie alle informazioni che si raccolgono. Ai testi classici, si aggiungeranno i primi trattati sulla diplomazia che fondano le basi della medesima. Una decina di testi fra il 1436 e il 1548 formano i fondamenti della diplomazia europea moderna. Certamente un ambasciatore non è una spia ma Aude Cirier ha ragione di precisare che “si tratta spesso di un informatore ufficioso”. Il che costringe le città stato, molto dubbiose nei suoi confronti, a proibire ai propri cittadini di entrare in contatto con lui. Quindi confusione fra diplomazia e ricerca di informazioni? Dei secoli prima che gl americani utilizzassero i cablogrammi come strumento di informazione segreta, certi signori esigevano nel corso del quattordicesimo secolo che il loro amministratore li tenesse continuamente informati sui passaggi di mercanti e altri viaggiatori nei punti strategici tali quali frontiere e porti. Informazioni che gli ufficiali di sicurezza otterranno interrogando gli stranieri circa le ragioni della loro venuta nel paese.

I mercanti sono particolarmente sospettati di spionaggio oppure sono considerati delle ottime risorse di informazioni. Allora non ci dobbiamo sorprendere che la funzione (per non dire il mestiere) di spia appare già nell’Italia medievale. I testi giuridici, ma anche gli scritti di un Brunetto Latini o di un Giovanni da Viterbo delineano persino il profilo di una spia professionale: discreto, curioso, attento, poliglotta, colto… Ma questi stessi testi mettono in guardia il lettore: la spia può indossare gli abiti di quello aduso al doppio gioco. Quindi lo si trova dappertutto: uno studente, un troubadour, un mercante, un banchiere, un pittore e anche un uomo di chiesa… Aude Cirier ricorda che fra il 1256 e il 1269, il francescano padre Gregorio che risiedeva a Pergia era incaricato di sorvegliare i signori della città per conto dei senesi che temevano un’alleanza fra i perugini e Firenze. Dei senesi particolarmente intraprendenti versavano ugualmente un salario al monaco Arnolfino d’Isola affinché potesse disseminare la zizzania fra i ranghi dei fiorentini.

Le priorità dell’epoca sono lo spionaggio diplomatico e militare, ma anche quello politico e commerciale sono una priorità per principi attenti nel preservare gli interessi economici della loro città. Fin dalla metà del tredicesimo secolo, tutto è giostrato da, ora li chiamiamo servizi segreti, “uffici della corrispondenza degli inviati speciali e spie” che pubblicano la lista delle spie, l’ammontare del loro salario e il rimborso delle loro spese. Troviamo ugualmente negli archivi dell’epoca delle rendicontazioni di missioni codificati da spie formati ai primi metodi di cristologia. “Rimpiazzeremo le lettere con altre lettere. Spediremo un codice affinché ogni missiva sia decodificata. Troveremo persino un giro di frasi per sostituirne altre. Per esempio, il termine limone servirà a identificare la fanteria, oppure la parola libro significherà anche fanteria”.

Gli italiani dell’epoca medievale hanno imparato la lezioni dei loro antenati e ripreso per loro conto le loro tecniche di spionaggio migliorandole. Il sistema è rodato poiché ha saputo trovare giovamento sui testi degli antichi. Anora, le solide rivalità fra le città stato spingono le spie a cercare le informazioni sia politiche che commerciali al fine di assicurare la potenza economica della città per la quale lavorano. La battaglia economica fra le città stato per certi versi da una patente di mobiltà alla raccolta di informazioni a carattere economico”.

Il concetto di guerra economica è univoco oppure ci sono differenti tipi di guerra economica ?

“Non è univoco. Esistono varie forme di condurre questa guerra economica che stati, imprese e persino individui che vogliono comandare sui mercati senza rispettare le regole della concorrenza. La guerra economica, quando è condotta da uno stato o dai suoi campioni economici, è ugualmente molto intrecciata alla cultura del paese, alla sua storia e ai suoi referenti sociali. Alcune guerre economiche sono più aggressive, altre più sottili nelle loro strategie e tattiche”

Una innovazione dei tempi moderni è quella che la guerra economica è condotta da soggetti che non sono stati…

“A dir il vero non è una innovazione. Fin dal Medio Evo, i mercanti della Lega anseatica si riuniscono per imporre i loro privilegi alle altre città d’Europa. Sono capaci di organizzare dei blocchi economici e persino delle guerre per obbligare i sovrani a rispettare le loro regole commerciali. Arriveranno a poter scegliere certi successori sul trono delle monarchie scandinave. La stessa cosa per le compagnie delle Indie inglesi e olandesi, vere multinazionali ante litteram che hanno le stesse prerogative degli stati che concedono loro un via libera in tutte le materie commerciali. En Asia, queste due compagnie hanno il diritto di firmare trattati, di occupare territori, di fare la guerra, di battere moneta, di amministrare la giustizia… Non è che agli inizi del diciannovesimo secolo che la corona d’Inghilterra riprende in mano l’amministrazione dei territori appartenenti all’East India Company.”

Qual’è il ruolo di internet e dell’intelligence nel quadro della guerra economica moderna?

“Internet gioca il ruolo di agente moltiplicatore. Permette di andare più velocemente e di colpire più obiettivi allo stesso tempo. E’ un’arma molto forte nella guerra dell’informazione. Sia per recuperare le informazioni sia come “open source” che come “closed source”, sia per distruggere l’immagine di un concorrente, oppure per attaccare la sua infrastruttura informatica.”

Per voi la guerra economica è più redditizia per uno stato rispetto a una guerra classica?

“In effetti, perché organizzare una guerra classica che costa molto cara in risorse umane e finanziarie mentre basta manovrare la tecnica della “soft power” per far sì che un paese cada sotto il vostro dominio economico. Certamente è più redditizio un paese posto sotto la vostra influenza che consuma i prodotti fabbricati dalle vostre imprese che un paese in rovina con una popolazione che è totalmente contro di voi. La guerra economica permette di avere potere senza i guasti della guerra classica.”

Negli ultimi anni l’economia è diventata più importante rispetto alla politica…qual’è la sua opinione al riguardo?

“Non credo in questa separazione fra politica ed economia. L’economia è uno degli strumenti al servizio della politica per trasformare una società. Leggete al riguardo i testi dei padri fondatori del neoliberalismo come Miles, Hayek e Friedman… Non sono degli economisti che sviluppano la loro riflessione sulla matematica ma su una visione della società interamente regolata dal mercato. Un mercato che non è un dato naturale per gli ordo-liberali tedeschi, bensì un quadro di riferimento che la politica deve imporre e sorvegliare.”

E’ davvero strano che dietro il miglioramento di un prodotto a base di cioccolato ci sia una guerra economica vera e propria…

“Assolutamente. Nessun prodotto sfugge oramai alla competizione economica. Mi sono interessato sul modo con cui gli italiani volevano proteggere la ricetta del Tiramisu alfine di farne un prodotto protetto a livello europeo. Lo scopo era quello di far sì che solo l’Italia e la stessa regione di origine del Tiramisu potessero sfruttare dal punto di vista commerciale questa ricetta per trarne un beneficio economico per la suddetta regione”.

Allora dobbiamo attenderci che la guerra economica non avrà mai fine poiché è dentro il nostro codice genetico…

“Non sono in grado di leggere l’avvenire. Tuttavia, la storia ci permette di analizzare le tendenze della guerra economica dalla notte dei tempi fino ai giorni nostri. Una cosa è sicura: nella nostra società digitale, le armi o strumenti della guerra economica tendono ad affinarsi e in questo mondo globalizzato l’Occidente non ha più il monopolio del commercio e dell’industria. La torta è la stessa poiché la nostra terra è limitata, ma si dovrà apprendere a dividerlo in maniera più equa.”

- Abbiamo già pubblicato su questo autore (cliccate il link che vi interessa):

1) Intervista pubblicata il 7 ottobre 2015

2) Recensione del libro “Storia della Guerra Economica”

- Foto:

La foto è stata presa dal sito dell’IRIS


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